Prévention

L'ostéoporose concerne plus d'une femme sur deux après la ménopause. Cette maladie dégénérative de l'os est responsable de plus de 130 000 fractures par an. Le risque est d'abord vital -une fracture du col du fémur sur quatre se termine par le décès de la patiente- mais aussi économique, puisque le coût direct de la prise en charge de ces fractures est de l'ordre d'un milliard d'euros chaque année en France. Malgré des progrès indéniables réalisés ces dernières années en matière de diagnostic et de traitement, cette maladie reste encore largement méconnue, voire négligée. Pourtant, elle ne doit rien à la fatalité !

A partir de la soixantaine, le risque de fracture osseuse pour une femme atteint 56% alors qu'il est deux à trois fois moins important avant la ménopause. Ce sont donc 3 millions de françaises qui sont menacées chaque année par les tassements vertébraux, les fractures du col fémoral ou du poignet . Pourtant, 20 % seulement d'entre elles sont orientées vers un dépistage. Car il faut le savoir, une bonne proportion de ces accidents pourrait être évitée grâce à la prévention, au dépistage précoce et au traitement de l'ostéoporose.

POURQUOI L'OS DEVIENT FRIABLE

L'ostéoprose est une maladie qui se caractérise par la détérioration de la qualité des os. L'origine grecque du terme décrit d'ailleurs bien les choses : osteon (os) et poros (petit trou). Pour faire simple, il s'agit d'une déminéralisation qui les rend plus vulnérables lors de traumatismes minimes, une chute de hauteur humaine par exemple. Ce risque est d'autant plus important que la durée de vie s'allonge et que la sédentarité et les mauvaises habitudes alimentaires s'installent chez les femmes qui n'ont pas encore atteint l'âge de la privation hormonale. Car l'ostéoporose est une maladie aux causes multiples mais c'est assurément l'arrêt de la sécrétion d'estrogènes après la ménopause qui est le facteur le plus important. 

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En effet, l'os normal est un tissu formé par une trame de collagène sur laquelle se fixe une substance minérale constituée de sels de calcium (phosphate de calcium et carbonate de calcium). C'est cette substance minérale qui donne aux os leur solidité, elle représente d'ailleurs 70 % du poids de l'os. La minéralisation est assurée par un type particulier de cellules, les ostéoblastes. Comme la plupart des tissus qui constituent notre corps, l'os est en perpetuel remaniement. D'autres cellules, les ostéoclastes, assurent la résorption de l'os ancien, formant une logette aussitôt colonisée par les ostéoblastes qui viennent former une trame osseuse toute neuve... Le pic de masse osseuse (quantité d'os acquise) est atteint à la fin de la croissance, à l'adolescence. Tout au long de la vie, cette quantité d'os acquise va progressivement diminuer au fil du temps, la balance entre résorption d'os ancien et formation d'os neuf se faisant au détriment de ce dernier . Ce remodelage permanent est sous l'influence de plusieurs facteurs : les caractéristiques génétiques, les apports en calcium et en phosphore, la vitamine D qui joue un rôle fondamental dans la minéralisation et différentes hormones, dont les fameux estrogènes. 

La relation entre le manque en estrogènes et l'ostéoporose est connue depuis les années 40. Le manque en estrogènes diminue la fonction ostéoblastiques (formation d'os nouveau) et stimule la résorbtion osseuse par les ostéoclastes. A partir la ménopause, le phénomène naturel de perte osseuse va donc s'accélerer considérablement. Les fractures vont survenir à cause de la diminution de la masse osseuse, d'anomalies d'architectures du squelette et des traumatismes. A la perte osseuse liée à la ménopause et à l'âge, qui fragilise l'os, vont s'associer les facteurs qui influencent la fréquence des chutes comme les pertes d'équilibre ou les troubles de la vue, par exemple.

La connaissance de ces différents facteurs permet donc de comprendre pourquoi l'os devient de plus en plus fragile avec l'âge, pourquoi l'ostéoporose est plus importante - à âge égal- chez la femme que chez l'homme.  Elle permet aussi de réaliser qu'il est possible de la prévenir en jouant sur ces différents facteurs modulateurs.

LA PREVENTION COMMENCE DES L'ENFANCE !

Le premier facteur de prévention est l'acquisition d'une masse osseuse suffisament importante avant l'adolescence, surtout chez les jeunes filles, puisque dès lors, cette masse osseuse ne va pas cesser de décroître. Deux  facteurs vont être particulièrement importants pour l'acquisition de cette masse osseuse : des apports vitamino-calciques suffisants (consommation de produits laitiers pour les apports en calcium, exposition au soleil pour la synthèse de la vitamine D) et une activité physique régulière. Les tensions musculaires et tendineuses ainsi que les secousses infligées au squelette lors des activités physiques stimulent en effet la formation du tissu osseux. Pour éviter une dégradation trop rapide de l'os au cours de la vie, les apports en calcium (consommation suffisante de laitages ou de fromages...) et l'activité physique régulière devront être maintenus tout au long de la vie. A partir de la ménopause, le traitement hormonal de substitution (THS) devient le garant principal de la prévention. Pour réduire le risque de fracture il doit être pris pendant une durée de 5 à 7 ans au minimum. Après les émois suscités par certaines études américaines publiées en 2003, le bénéfice du THS à la française (estrogènes par voie cutanée -patches ou gel- et progestérone naturelle) n'est plus actuellement remis en question, sauf en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein, et sous couvert d'un dépistage régulier (mammographie tous les deux ans).

Chez la femme âgée, la prévention des fractures passe aussi, il ne faut pas l'oublier,  par la réduction du risque de chutes : surveillance de la vision, traitement des troubles de l'équilibre, maintien d'une bonne sécurité motrice, en adoptant au besoin l'usage d'une canne ou en ayant recours à la kinésithérapie.

DEPISTER POUR TRAITER

Prévenir le risque de fracture, c'est aussi dépister les femmes à risque, celles qui ont un risque augmenté de souffrir d'ostéoporose et chez lesquelles on pourra proposer en priorité le seul examen capable de quantifier l'importance de la déminéralisation osseuse : l'ostéodensitométrie. 

Ces femmes à risque sont celles qui ont déjà souffert d'une fracture après l'âge de 40 ans, celles dont un parent du premier degré s'est déjà cassé le col du fémur, le poignet ou une vertèbre, les femmes minces (moins de 57 kg), les fumeuses. La consommation excessive d'alcool accroît le risque de fracture de même que la dénutrition. On sait aussi que l'ostéoporose atteint plus volontiers les femmes de race blanche que les noires ou les asiatiques... Un bon dépistage passe aussi par la mesure régulière de la taille des femmes après la ménopause. Les fractures-tassement vertébrales ne se traduisent pas forcément par la survenue de symptômes. Le simple fait de rater une marche ou un trottoir peut entraîner facilement un tassement quand les os sont devenus plus friables. On s'accorde à dire qu'une diminution d'au moins 3 cm de la taille (par rapport à la taille à l'âge de 20 ans) doit impérativement faire rechercher et traiter une ostéoporose. 

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En dehors de la privation en estrogènes après la ménopause, d'autres facteurs peuvent aussi accélérer la perte osseuse. C'est le cas de certaines pathologies hormonales ou des traitements prolongés par la cortisone ou ses dérivés (plus de 3 mois d'affilée). Chez toutes ces patientes (ou patients - l'ostéoporose peut aussi atteindre les hommes dans ces circonstances !), le médecin traitant saura dépister l'ostéoporose et la traiter le cas échéant.
 
MESURER LA PERTE OSSEUSE

L'ostéodensitométrie doit être proposée systématiquement chez toutes les femmes après la ménopause qui présentent des facteurs de risque (c'est d'ailleurs dans ces conditions qu'il est remboursé par la Sécurité-Sociale). Il s'agit d'un examen non traumatisant et indolore. Il mesure la densité osseuse en deux localisations de référence : une vertèbre lombaire et le col du fémur. Il exprime les resultats en T-score, c'est-à-dire en comparant la densité minérale osseuse du patient à celle d'une population normale, jeune, de même sexe et de même race. Le T-score, qui est la base de la définition de l'ostéoporose selon l'OMS, est donné en écart statistique par rapport à la moyenne de cette population de référence. Si le T-score est supérieur à -1, la densité minérale osseuse est normale . S'il est inférieur à -1, on dit qu'il existe une ostéopénie (littéralement, il manque de l'os), s'il est inférieur à -2,5 l'ostéoporose est avérée.

Ce résultat brut doit toujours être interprété par le médecin traitant en termes de risque personnel de fracture pour la patiente pour décider de la mise en route ou non d'un traitement. Cette mesure objective doit donc être modulée par la présence des autres facteurs de fracture (troubles de la vue ou de l'équilibre par exemple). Ainsi, près de la moitié des fractures de fragilité se produisent chez des patientes ostéopéniques (T-score compris entre -1 et -2.5) !

CONSOLIDER OU RECONSTRUIRE L'OS

Finalement, après évaluation de la situation propre à chaque patiente, il appartient au médecin de proposer ou non un traitement quand l'ostéoporose est apparue. Outre la supplémentation en calcium et vitamine D et le traitement hormonal substitutif qui préviennent la déperdition osseuse, plusieurs traitements permettent de ralentir la perte osseuse et d'augmenter la densité minérale osseuse.

Le raloxifene agit sur les récepteurs aux estrogènes, se substituant à ces hormones s'il existe une contre-indication au traitement hormonal substitutif classique. 

Les bisphosphonates inhibent la résorption osseuse. Ils se montrent capables d'augmenter la masse osseuse et de diminuer le risque de survenue d'une fracture. Ils peuvent être pris de manière hébdomadaire ou mensuelle. Ils sont très utilisés, mais leur usage peut être limité par leur tolérance digestive, parfois mauvaise chez certaines patientes.

Le ranélate de strontium a prouvé qu'il était capable d’augmenter l’activité des ostéoblastes et de diminuer l’activité des ostéoclastes. Il formerait donc de l'os nouveau, là où il en manque. Sa tolérance semble excellente en général.

Le tériparatide, à la différence des traitements précédents sous forme orale, s'administre par injection sous-cutanée quotidienne à l'aide d'un stylo-injecteur spécial. Il s'agit d'un analogue de l'hormone parathyroïdienne humaine qui stimule la fabrication d'os nouveau. En raison de son mode d'administration et de son coût (environ 400 euros par mois), ce traitement est réservé aux cas graves, c'est-à-dire aux patients ayant déjà plus de deux fractures vertébrales. La durée maximale du traitement est limitée à 18 mois. 

Le choix entre ces différents traitements se fait donc en fonction de l'âge de la patiente et de la sévérité de son ostéoporose, sans préférence pour l'un ou l'autre médicament puisqu'il n'existe pas encore d'études comparant directement leur efficacité à diminuer la survenue des fractures dans une même population de patientes.

Combien de temps faut-il traiter ? Les études scientifiques donnent avant tout des informations rassurantes sur la tolérance osseuse à long terme du raloxifène ou des bisphosphonates. Il n'a pas été non plus montré que le risque de fracture augmentait à nouveau après l'arrêt du traitement. Compte-tenu des informations actuellement disponibles, on recommande une première séquence de traitement pendant 4 ou 5 ans à l'issue de laquelle le risque fracturaire de la patiente est révalué. Si le risque demeure, il est possible de poursuivre le traitement (éventuellement en changeant de molécule). Pour les patientes dont le risque de fracture est devenu faible, il est possible de le suspendre pendant quelques années avant une nouvelle réévaluation et la reprise éventuelle d'une nouvelle séquence thérapeutique. 

En conclusion, il n'existe pas d'ostéoporose bénigne. Cette maladie reste encore en France sous-diagnostiquée et mal traitée. Elle fait encore des ravages chez les femmes âgées, malgré les possibilités diagnostiques et l'existence de traitements effiaces. Mais, rappelons-le une dernière fois : la meilleure des prises en charge demeure la prévention !
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Législation de plus en plus contraignante (interdiction totale de fumer dans tous les lieux publics àpartir du 1er janvier 2008), augmentation du prix du tabac : les français sont de plus en plus nombreux à vouloir arrêter de fumer. Seulement voilà , quiconque en a fait l'expérience sait que l'affaire est loin d'être évidente. Voici quelques pistes de réflexion et conseils, qui ne remplaceront pas une consultation chez votre médecin traitant ou un tabacologue, mais qui vous aideront à y voir plus clair et à ne pas vous décourager.

Lors de mes consultations, j'évite de parler d'arrêt du tabac. Pour le fumeur dépendant (physiquement ou psychologiquement), cette expression signifie qu'il va devoir renoncer bon gré mal gré à quelque chose qui est certes néfaste pour sa santé, mais dans lequel il trouve malgré tout plaisir et satisfaction. 

ARRETER DE FUMER N'EST PAS UNE QUESTION DE VOLONTE

J'invite donc plutôt mes patients à devenir non fumeurs, c'est-à-dire d'envisager un véritable changement de statut, tout comme l'on passe par exemple de l'état de célibataire à la vie de couple, de locataire à celui de propriétaire, ou encore de couple sans enfant à celui de parents. N'importe quel nouveau statut implique certains renoncements volontaires pour trouver d'autres satisfactions.  

Devenir non fumeur n'échappe pas à la règle. Et s'il s'agit non plus simplement d'arrêter de fumer mais de changer son statut, il n'est plus alors bêtement question de volonté (sous-entendu, il y a ceux qui en ont et qui peuvent y arriver... et les autres), mais c'est bien de MOTIVATION qu'il s'agit.
 

Il faut donc, pour le candidat non-fumeur, trouver les arguments de sa propre motivation. 
- Arguments santé : fumer m'expose aux maladies cardio-vasculaires et aux cancers...
- Arguments esthétiques :
fumer ternit ma peau et mes cheveux, jaunit mes dents, me donne une mauvaise haleine...
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Argument plaisir :
fumer m'empêche de goûter à d'autres plaisirs des sens, gastronomie, parfums, etc.
- Arguments financiers :
avec mon budget annuel consacré au tabac, je pourrais m'offrir de belles vacances...
- Arguments socio-politiques : les compagnies de tabac me manipulent, me rendent dépendant et font des bénéfices sur ma santé...

A chacun de chercher ce qui le motive le plus et qui l'aidera à étayer sa décision !

Je joue sur les mots me direz-vous ? Peut-être, mais rien de ce qui peut aider à se débarrasser de cette addiction ne peut être considéré comme superflu, tant l'épreuve peut être délicate, voire pénible. Dans les mauvais moments, ceux de doute et de tentation qui ne manqueront pas d'arriver, il est alors bon de se rappeler que l'on a fait un choix volontaire, éclairé, solidement argumenté  et non que l'on a décidé un jour de se priver sur un coup de tête, d'une chose qui nous apportait jusque-là une certaine satisafaction. Cette nuance peut ête déterminante pour vous aider à tenir ferme dans les moments difficiles.

PROGRESSIVEMENT OU TOTALEMENT, A VOUS DE CHOISIR

On disait hier que pour se débarrasser de la cigarette, rien ne valait la radicalité. Au jour J, à l'heure H, il convenait de jeter paquets, cartouches et cendriers, dans une sorte de rituel conjuratoire qui permettrait de ne plus jamais y revenir. On sait aujourd'hui que cette méthode peut marcher pour certains mais rebuter tous ceux qui considèrent que la marche est beaucoup trop haute à franchir. A ceux là, je conseille de réhabiliter le bon vieil étui à cigarette. Vous savez, celui -argenté ou en écaille- que les dandys sortent élégamment de leur poche intérieure ou les mondaines de leur sac à main. Offrez-vous donc cet accessoire qui vous donnera un petit côté Second Empire, mais surtout qui vous permettra de rationner votre quantité de cigarettes pour la journée ! Vous pouvez par exemple décider de réduire d'un quart chaque mois votre consommation quotidienne et charger chaque jour votre étui de la quantité de cigarettes que vous vous autorisez. A vous ensuite de gérer cette restriction volontaire. Et si votre étui est vide à 13 heures, il vous faudra tenir bon jusqu'au lendemain matin. Peu à peu, vous réussirez ainsi à vous habituer à fumer de moins en moins. Une diminution qui est salutaire pour la santé. Car si l'on sait que le risque cardiovasculaire augmente de façon exponentielle avec chaque cigarette fumée, l'inverse est aussi vrai.
La bonne cigarette, c'est donc celle que vous ne fumez pas !

LES AIDES POUR ARRETER

Compte-tenu de tout ce que je viens d'énoncer, les aides médicales au sevrage tabagique viennent en second. Elles sont en quelque sorte une béquille pour passer un cap difficile en sachant qu'il n'existe aucune solution-miracle et que "celui qui fait le boulot", c'est bien vous !

Première aide : votre médecin traitant. Des études ont montré que 85% des tentatives d'arrêt spontannées "non médicalisées", sont vouées à l'échec. Les consultations médicales vous aident à comprendre les mécanismes de la dépendance et du sevrage, vous permettent de bénéficier d'une prescription d'aide au sevrage (voir plus loin), et d'être suivi et encouragé tout au long de cette période délicate au cours de laquelle vous pouvez à tout moment rebasculer du mauvais côté. Votre médecin peut vous aider à combattre la nervosité, l'anxiété ou les sensations de dépression qui accompagnent parfois l'arrêt du tabac. Et puis, comme un coach, votre thérapeute saura vous remotiver au moment où vous serez prêt à craquer. Alors faut-il plutôt consulter un tabacologue ou bien votre médecin de famille ? L'un et l'autre disposent des mêmes moyens pour vous aider. Tout dépend en fait du temps que votre médecin généraliste est disposé à vous consacrer et de sa motivation pour aborder ce problème. Car vous connaissant le mieux, c'est à mon avis lui le mieux placé pour vous aider.

Deuxième aide : les produits prescrits par votre médecin. Ils sont actuellement au nombre de trois : les substituts nicotiniques, le bupropion (Zyban®) et plus récemment la varénicline  (Champix®).

Les substituts nicotiniques. La nicotine inhalée avec la fumée de cigarette ne met que quelques secondes pour parvenir au cerveau où elle va se fixer sur des récepteurs spécifiques dits "nicotiniques", ce qui va avoir pour effet d'activer le système dopaminergique. Cet apport rapide de nicotine au cerveau entraîne des effets psycho-actifs : plaisir, détente, éveil, stimulation intellectuelle, effet anti-dépresseur et anxiolytique, effet coupe-faim. Les substituts nicotiniques sont destinés à remplacer cette nicotine inhalée et éviter ainsi l'effet de manque. On en trouve essentiellement sous forme de patch (dispositifs transdermiques) ou de gommes à mâcher. Le patch délivre de la nicotine en permanence au travers de la peau. Les récepteurs nicotiniques sont donc bloqués (pas de sensation de manque) et du fait de cet apport continu, sans pic sanguin, il n'existe pas d'effet psycho-actif, donc pas de dépendance.  Les formes orales permettent un apport intermittent en fonction des besoins de la journée et sont intéressantes pour contrôler ponctuellement une envie de fumer. Il est possible, voire bénéfique en termes de résultat, d'associer les deux formes de substitution. Les échecs de la substitution nicotinique sont essentiellement liés au sous-dosage. Certains patients très dépendants peuvent nécessiter un patch à 21 mg/24 h sur chaque épaule pour ne plus avoir envie de fumer ! En cas de surdosage peuvent apparaître certains symptômes désagréables : diarrhée,palpitations, nausées, maux de tête, mais rien de dangereux ne peut se produire.

Le bupropion (Zyban®). Il s'agit d'un anti-dépresseur de type amphétaminique. Son efficacité dans le sevrage tabagique a été démontrée dans plusieurs essais thérapeutiques contrôlés. Les méta-analyses font apparaître une supériorité légère mais régulière du bupropion par rapport au traitement de substitution nicotinique. La durée habituelle de traitement par le bupropion est de 8 semaines en moyenne.Son mode d'action dans cette indication est encore inconnu précisément. Ses effets indésirables sont nombreux et plus ou moins fréquents. Les plus fréquents sont, entre autres, des troubles digestifs (sécheresse buccale, nausées et vomissements, douleur abdominale, constipation, etc.), des troubles nerveux (insomnie, maux de tête, etc.) ou cutanés (éruption, démangeaisons, sueurs, etc.). Il est contre-indiqué en cas d'allergie à l'un des constituants, en cas troubles convulsifs présents ou passés, en cas de tumeur du système nerveux central, d'anorexie mentale ou de boulimie, de certains troubles psychiatriques ou d'insuffisance hépatique grave.

La varénicline (Champix®). Dernier-né des aides au sevrage tabagique, il s'agit d'un agoniste des récepteurs nicotiniques, autrement dit une sorte de nicotine "fantôme" qui se fixe sur les mêmes récepteurs et qui stimule la libération de dopamine, réduisant le désir de fumer et les manifestations du sevrage tabagique. Trois études récentes ont été publiées, comparant son efficacité au placebo et au bupropion. Dans deux études, la varénicline a été supérieure au placabo et au bupropion après 12 semaines de traitement et encore 40 semaine splus tard (Gonzales D. et al, JAMA 2006; 296 : 47-55, Jorenby DE et al, JAMA 2006; 296 : 56-63). Dans la 3ème étude, son intérêt dans le maintien de l'abstinence a été montré par 12 semaines de traitement supplémentaires par rapport au placebo. Les effets indésirables
identifiés  sont principalement des nausées, observées chez environ un tiers des patients (28,6%), ainsi que d’autres troubles digestifs, constipation, digestions difficiles, ballonnements et moins fréquemment, des maux de tête, des troubles du sommeil et les rêves anormaux. La varénicline peut entraîner des sensations vertigineuses et une somnolence et par conséquent peut influencer l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Il est donc recommandé aux patients traités de ne pas conduire ni d' utiliser de machines complexes. Le patient doit fixer une date d’arrêt et commencer la médication une semaine avant l’arrêt du tabac avec un dosage progressif. Le traitement dure en principe 12 semaines.  Si les études révèlent que la varénicline, administrée pendant 12 semaines, permet en moyenne de tripler les chances de succès d’un arrêt du tabac après une année de suivi (par rapport au placebo), il est judicieux de souligner auprès des fumeurs que ce traitement n’est, toutefois, pas une  «recette miracle». Certains aspects devraient, de plus, être pris en compte : il est essentiel que le patient soit motivé à arrêter de fumer. En outre, les patients randomisés dans les études concernant la varénicline étaient en stade de préparation, selon les stades motivationnels de Proschaska et Di Clemente. Il serait donc contre-productif d’employer cette aide chez des fumeurs uniquement attirés par l’aspect «nouveauté» du produit et ne possédant pas une réelle motivation intrinsèque. Pour toutes ces raisons, il est possible que l’utilisation de la varénicline dans la pratique générale n’entraîne pas des taux d’arrêt aussi élevés que ceux observés dans les études (participants en bonne santé, motivés, suivis et soutenus de manière rigoureuse).

CHAMPIX® ET RISQUE SUICIDAIRE

L'Agence Européenne du Médicament (Emea) a analysé les données européennes de pharmacovigilance depuis l'autorisation de mise sur le marché de la varénicline. Des cas de troubles de l’humeur et des idées suicidaires, voire exceptionnellement des tentatives de suicide ont été enregistrées à plusieurs reprises, en juillet, octobre et novembre 2007. En conséquence, l'Emea a conclu lors de sa réunion de décembre 2007 qu'il était nécessaire d’actualiser les informations destinées aux professionnels de santé (le Résumé des Caractéristiques du Produit) et aux patients (notice) pour les mettre en garde sur le risque de dépression, d’idées suicidaires ou de tentative de suicide survenant chez les personnes souhaitant arrêter de fumer avec Champix®. Toutefois, la relation de causalité n’est pas établie entre la prise du médicament et ces symptômes, qui peuvent apparaître également lors de tout sevrage tabagique sans médicament. On sait en effet que 30% des patients qui arrêtent de fumer peuvent souffrir de symptômes de dépression.

Pour certains patients, l'arrêt du tabac peut, c'est vrai, se révélér une véritable épreuve psychologique : anxiété, irritabilité, insomnies, dépression viennent perturber considérablement la vie du candidat au sevrage et celle de son entourage ! Ces manifestations doivent être anticipées et traitées. La médicalisation du sevrage permet justement d'éviter ces écueils. Un traitement sédatif léger, voire anxiolytique ou même anti-dépresseur peut s'avérer très utile, temporairement, pour passer un cap difficile et augmenter les chances de succès. 

Les psychothérapies comportementales et cognitives sont aussi des techniques d'aide au sevrage tabagique qui sont validées et recommandées dans ce cadre.

Parfois, en début de sevrage, peut aussi se manifester une sensation de fatigue liée à l'absence du shoot de nicotine. Cette situation peut être améliorée par une cure de 2 semaines de vitamine C, à raison de 1 gramme par jour.

LA PRISE DE POIDS N'EST PAS UNE FATALITE

La nicotine diminue l'appétit et augmente le métabolisme. L'arrêt du tabac entraîne une diminution des besoins caloriques d'environ 200 Kcal/j, d'où un prise de poids possible si les habitudes alimentaires restent les mêmes, d'autant que l'appétit peut être stimulé. Une prise de poids de quelques kilos est fréquente au début du sevrage (2/3 des patients environ). Cette situation peut être évitée ou limitéeen respectant quelques règles de base : 
- ne pas sauter de repas,
- ne pas grignoter entre les repas,
- corriger son alimentation en privilégiant les fruits et les légumes,
- prendre un petit-déjeuner consistant,
- boire en abondance entre les repas,
- augmenter son niveau d'activité physique.
Si ces mesures simples ne suffisent pas, il ne faut pas hésiter à recourir aux conseils d'une diététicienne, ou à consulter son médecin si des pulsions alimentaires compensatrices surviennent, signes d'anxiété ou de dépression...

Les enquêtes les plus récentes révèlent que 60 à 80% dfes fumeurs souhaitent arrêter de fumer. On ne peut que regretter que dans notre pays les aides au sevrage tabagique ne soient pas remboursées (ou si peu... à hauteur de 50 euros par an !). Tous les systèmes européens de santé, mêmes les plus économes, remboursent totalement l'arrêt du tabac car, en fin de compte, le sevrage est d'une rentabilité absolue du point de vue de l'économie de la santé. Un simple exemple : une intervention chirurgicale chez un fumeur expose à un risque de complications multiplié par trois, comparé à la même intervention chez un non-fumeur (complications cardiovasculaires ou respiratoires, infection, mauvaise cicatrisation...).

Alors si vous tentez l'aventure de devenir non-fumeur au premier janvier 2008  n'hésitez pas à vous faire aider, consultez votre médecin, appelez Tabac-Info-Service (0825 309 310), ne négligez aucune aide, mettez tout en oeuvre pour y arriver, vous ne le regretterez pas !

... Et si vous reprenez la cigarette après quelques semaines ou quelques mois, ne vous découragez pas ! Les études montrent qu'à chaque fois que l'on reprend , les chances de réussir définitivement augmentent un peu plus, car entre temps, on aura analysé les raisons de cet échec et l'on en ressortira encore plus motivé ! 

Meilleurs voeux de bonne santé -sans fumée- pour 2008 !

En cas d'épidémie de grippe A H1N1, vous pouvez vous munir de ce masque pour vous en prémunir. Il s'agit d'un masque révolutionnaire de fabrication française aux normes NF, dont l'existence m'a été révélée par un ami de Voiron. Rien à voir avec les produits fabriqués en Chine Dieu seul sait dns quelles conditions ! Son efficacité antivirale est encore renforcée si vous l'imprégnez auparavent d'une solution alcolique d'eau de vie de Chartreuse (verte de préférence, la chartreuse jaune pourrait laisser une impression équivoque)...

Ce masque est compatible avec le port de lunettes correctrices.
A noter toutefois une recommandation importante :
préférer un masque neuf n'ayant jamais servi, son port en sera facilité et n'entraînera aucune gêne pour le porteur.

C'étaient les conseils du jour de l'équipe EPI (Equipement de Protection Individuelle). Travailler en sécurité, c'est préserver sa santé.

Contre les maladies virales très contagieuses qui font florès au cœur de l’hiver, il n’existe qu’un seul rempart : notre système immunitaire, c’est-à-dire nos défenses naturelles. Pour rester en bonne santé –ou tomber moins souvent malade- il n’existe qu’une solution : améliorer les performances de notre immunité naturelle.

 

Cela est parfaitement possible, dans une certaine mesure, grâce à quelques mesures simples mais qui nécessiteront néanmoins de votre part un peu d’assiduité et de motivation.


Une alimentation riche en vitamines, oligoéléments et anti-oxydants


Une alimentation saine, variée et équilibrée est la condition essentielle pour préserver le bon fonctionnement de notre système immunitaire. La consommation de fruits et légumes doit être favorisée, dans le but de faire le plein de vitamines et d’anti-oxydants. Les substances clés sont la vitamine C, et celles du groupe B (B2, B5), mais aussi les oligoéléments comme le fer et le zinc, le manganèse.

En hiver, il convient de consommer des oranges, des clémentines, des kiwis, des choux, ou encore des carottes. Même si l'envie de crudités est moindre en hiver que l'été, la consommation de légumes sous cette forme est plus que jamais nécessaire. Les compléments alimentaires, et notamment les cocktails multi vitaminés contenant des substances minérales, aideront également le système immunitaire à affronter l'hiver.

D'autres aliments, comme les fruits de mer (zinc et fer), les légumes secs (fer et sélénium), l'ail et l'oignon (vitamine C et sélénium) renforcent le système immunitaire. Enfin, il faut consommer suffisamment de protéines, utiles pour la formation des anticorps contre les infections. On les trouve principalement dans les viandes, les poissons et les oeufs.

 

Les probiotiques sont vos amis

 

Les probiotiques sont des organismes microscopiques vivants, qui apportent un effet bénéfique sur la santé de celui qui le consomme. L’une des propriétés clés des micro-organismes probiotiques est la modulation du système immunitaire de l’hôte. Selon que l’on s’adresse à l’individu sain ou présentant une pathologie liée à un dysfonctionnement immunitaire (allergies, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou MICI), leurs effets peuvent être très différents : en effet, en situation normale, la plupart des micro-organismes probiotiques stimulent les défenses immunitaires innées (phagocytose, cytokines pro-inflammatoires) et agissent favorablement sur la durée des épisodes infectieux ou sur la réponse vaccinale. On retrouve ces probiotiques dans de nombreux compléments alimentaires vendus en pharmacie.

Boire suffisamment


Boire limite la progression des infections. En hiver, la consommation de thé et de tisanes aidera à rester bien hydraté. En revanche, il ne faut pas boire de produits trop sucrés, sous peine de "freiner" le système immunitaire.

Rester Zen et positif


Le stress est l'un des plus grands ennemis du système immunitaire. Il est préjudiciable à la formation de globules blancs ou leucocytes, qui aident à lutter contre les infections. Une personne stressée est donc plus vulnérable aux virus et bactéries qu'une personne décontractée. Il faut donc se relaxer au maximum, faire ce dont on a envie (dans une certaine limite quand même !), et essayer de positiver en toutes circonstances. Vous pouvez aussi essayer des méthodes très simples comme celle du Professeur BENSON de Harvard qui étudie les conséquences physiologiques du stress et de la relaxation depuis cinquante ans ! Une approche de cette méthode éprouvée scientifiquement et abordable par tous est disponible par le lien suivant :

 

http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=reponse_relaxation_th

Selon des recherches récentes, le rire aurait également des effets bénéfiques sur l’immunité, toujours par le biais de la neuro-psycho-immunologie. Une bonne excuse pour se délecter régulièrement d’une bonne vieille comédie de série Z, la plus idiote possible, à condition bien sûr qu’elle vous fasse rire !


Redoubler de vigilance sur l'hygiène


Pour éviter d'attraper un virus, il convient de se laver régulièrement les mains, avant de manger, ou après avoir pris les transports en commun. Pour protéger les autres, il est conseillé d'éternuer dans un mouchoir, qu'on jettera ensuite à la poubelle. Rien de pire que de voir de vieux mouchoirs en papier traîner sur la toile cirée de la table à manger !

Faire de l'exercice régulièrement


Une activité physique régulière renforce le système immunitaire, et présente également l'avantage de combattre le stress. Attention néanmoins à pratiquer l'échauffement, surtout en période de grand froid. A l’inverse, l’excès d’entraînement provoque des dépressions immunitaires qui sont préjudiciables et qui ouvrent la porte aux infections virales comme les rhino-bronchites.

Attention à l'alcool et au tabac


Le tabac multiplie la quantité de radicaux libres dans l'organisme, ce qui réduit le taux de vitamine C, et donc l'immunité du corps. Quant à l'alcool, il diminue le pouvoir des globules blancs, et a tendance à déshydrater. La modération est donc fortement conseillée.

 

Dormir !

 

Le manque de sommeil est également facteur de baisse de l’immunité, à cause de la fatigue qu’il entraîne. Il est donc important de bien respecter son temps de sommeil physiologique (8 heures par nuit en moyenne chez les adultes). Pas question, donc, de sacrifier son repos, celui-ci est essentiel pour maintenir son niveau de performance.

 

L’hygiène du nez

 

Le nez, c’est comme le reste : ça se lave ! La plupart des infections virales hivernales se transmettent par voie respiratoire. Notre muqueuse nasale est quotidiennement contaminée par des milliards de virus qui sont tenus en respect par les barrières immunitaires déployées au niveau de ces muqueuses. Une petite baisse de régime et, hop, les virus en profitent pour se multiplier et envahir nos voies respiratoires en provoquant les symptômes bien connus : congestion, écoulements, douleurs et fièvre.

Le lavage quotidien des fosses nasales avec des produits soufrés permet donc à la fois d’éliminer un grand nombre de virus logés dans nos muqueuses et d’améliorer les performances immunitaires locales. Dans ma douche, je garde désormais un flacon de ce produit de lavage et procède quotidiennement à un lavage abondant de mes fosses nasales !

 

En respectant ces quelques règles de base qui sont d’ailleurs physiologiques, il doit être possible d’éviter le plus grand nombre de ces infections virales hivernales qui ne sont pas graves la plupart du temps, certes, mais dont on ferait bien l’économie. Bon hiver à tous !

Dr Max Fleury

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