Après le soldat Ryan, le thon rouge et la baleine à bosse, il devient urgent de protéger le médecin généraliste français si l'on ne veut pas que
celui-ci disparaisse tout simplement du paysage français. L'état actuel de la situation sociale et politique annonce la mort programmée du médecin de famille si cher au coeur des français et que
nous envient tous les habitants des pays où sévit une médecine étatique avec des médecins-fonctionnaires aux abonnées absents dès 17 heures, ou au contraire une pratique ultra-libérale aux tarifs
prohibitifs, reléguant les mal-lotis vers des dispensaires surpeuplés... La voie moyenne est bien représentée par notre système libéral qui fonctionnait tant bien que mal jusqu'à il y a encore
quelques années. Jusqu'à ce que le Numérus Clausus et le durcissement de l'exercice ne viennent dépeupler les rangs des MG français. Alors
si vous tenez à votre médecin, signez la pétition sur le lien suivant et dont le texte est repris ci-dessous.
http://www.mesopinions.com/pour-la-sauvegarde-du-medecin-generaliste-francais-petition-petitions-3b81fef4799378c7914cc3a0407f158e.html
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Madame la Ministre de la Santé,
A l'heure où la mobilisation pour la sauvegarde du thon rouge, des baleines, des dauphins, des gorilles de montagne est générale, nous souhaitons attirer votre attention sur une autre espèce en
voie de disparition : le médecin généraliste français !
Vous n'êtes pas sans savoir où en est la démographie médicale dans notre pays. Les médecins généralistes se font de plus en plus rares dans le paysage sanitaire français, à la campagne -c'est une
évidence- mais aussi désormais dans nos villes. Le nombre de nos confrères qui cessent leur exercice de médecin généraliste (retraite ou reconversion) dépasse de loin celui des jeunes médecins
qui choisissent d'exercer ce métier passionnant et de s'installer. Cette situation est en train d'aboutir à la catastrophe sanitaire depuis longtemps annoncée : l'impossibilité désormais pour les
patients de se faire soigner correctement et rapidement. De plus en plus de médecins installés refusent d'accueillir de nouveaux patients, les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous ne
cessent d'augmenter, les généralistes sollicités de toutes parts, exténués physiquement et nerveusement sont de moins en moins disponibles pour l'écoute et l'empathie que réclament leurs
patients.
Deux causes nous paraissent essentielles : l'attractivité de la médecine générale et la nature même de la formation des futurs médecins généralistes.
- Attractivité de la médecine générale : pour devenir un médecin généraliste opérationnel, il faut en moyenne une dizaine d'années d'études. A partir de là, la durée moyenne de travail
hebdomadaire est de 50 à 70 heures par semaine. La rémunération actuelle avec un C à 22 euros, le poids des charges de toutes sortes, placent la rémunération horaire du médecin généraliste
français largement en queue de peloton de toutes les professions à forte valeur ajoutée. Le médecin libéral est le seul professionnel qui, pour améliorer son niveau de vie, est obligé d'abaisser
la qualité de son activité (faire du nombre pour faire du chiffre...). Si l'on rajoute à cela une demande exponentielle des contraintes bureaucratiques émanant des Caisses d'Assurance Maladie et
d'Institutions diverses (demandes de certificats tous azimuts, questionnaires à remplir, etc.), il n'est pas étonnant que de moins en moins de médecins issus de la faculté choisissent de ne pas
exercer ce métier !
- Nature des études médicales : le Numerus Clausus est le responsable numéro un de la crise démographique médicale que vit notre pays. Il n'est pas normal qu'aujourd'hui, l'on soit contraint
d'inviter des médecins formés à l'étranger à venir exercer en France pour peupler nos déserts médicaux, alors que l'on refuse littéralement l'accès de nos enfants à cette profession par une
sélection drastique et absurde ! Cette sélection, basée essentiellement sur les disciplines scientifiques et le bachottage, obligeant les candidats à s'offrir des classes préparatoires et des
coaches coûteux pour augmenter leurs chances de réussir le concours de première année, est parfaitement inadaptée à la sélection de futurs professionnels qui auront essentiellement à gérer des
relations humaines.
C'est pourquoi nous, signataires de cette pétition, médecins et patients réunis, nous vous demandons de considérer désormais la pratique de la Médecine Générale en France comme une priorité
sanitaire, de lui accorder toute l'attention qu'elle mérite et de faire de la réforme de cette profession l'une des priorités de votre gouvernement, en concertation avec les acteurs de terrain
:
- Revalorisation de l'attractivité de la Médecine Générale, y compris sur le plan de la rémunération des médecins généralistes. Cela implique la suppression totale (pour toutes les spécialités)
ou bien au contraire la généralisation mais strictement encadrée (y compris pour les généralistes) de la pratique des dépassements d'honoraires qui crée une disparité énorme de revenus parmi les
professionnels et génère littéralement une médecine à deux vitesses, pour les médecins comme pour les patients. Cela implique aussi de repenser l'exercice de cette profession d'une manière
globale : quelle place veut-on offrir au médecin généraliste, acteur de soin de premier recours, dans notre société et dont on ne pourra pas se passer ?
- Réforme des études médicales qui doivent être repensées dans leur globalité : sélection et formation plus appropriée (sciences humaines) et plus équitable des étudiants avec élargissement
conséquent et immédiat du Numerus Clausus pour répondre aux vrais besoins de notre société en médecins (abandon du principe "moins de médecins = moins de patients à rembourser"), réduction de la
durée totale des études qui dépassent de loin ce que pratiquent les autres pays développés.
Nous refusons la disparition annoncée du médecin famille à la française au profit d'un médecin simple "fonctionnaire de santé" et nous serons attentifs aux réponses que vous apporterez à ce
problème de société majeur.
Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre de la Santé, à l'expression de nos sentiments respectueux.
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