Présentation

Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /Oct /2007 14:12
L'ostéoporose concerne plus d'une femme sur deux après la ménopause. Cette maladie dégénérative de l'os est responsable de plus de 130 000 fractures par an. Le risque est d'abord vital -une fracture du col du fémur sur quatre se termine par le décès de la patiente- mais aussi économique, puisque le coût direct de la prise en charge de ces fractures est de l'ordre d'un milliard d'euros chaque année en France. Malgré des progrès indéniables réalisés ces dernières années en matière de diagnostic et de traitement, cette maladie reste encore largement méconnue, voire négligée. Pourtant, elle ne doit rien à la fatalité !

A partir de la soixantaine, le risque de fracture osseuse pour une femme atteint 56% alors qu'il est deux à trois fois moins important avant la ménopause. Ce sont donc 3 millions de françaises qui sont menacées chaque année par les tassements vertébraux, les fractures du col fémoral ou du poignet . Pourtant, 20 % seulement d'entre elles sont orientées vers un dépistage. Car il faut le savoir, une bonne proportion de ces accidents pourrait être évitée grâce à la prévention, au dépistage précoce et au traitement de l'ostéoporose.

POURQUOI L'OS DEVIENT FRIABLE

L'ostéoprose est une maladie qui se caractérise par la détérioration de la qualité des os. L'origine grecque du terme décrit d'ailleurs bien les choses : osteon (os) et poros (petit trou). Pour faire simple, il s'agit d'une déminéralisation qui les rend plus vulnérables lors de traumatismes minimes, une chute de hauteur humaine par exemple. Ce risque est d'autant plus important que la durée de vie s'allonge et que la sédentarité et les mauvaises habitudes alimentaires s'installent chez les femmes qui n'ont pas encore atteint l'âge de la privation hormonale. Car l'ostéoporose est une maladie aux causes multiples mais c'est assurément l'arrêt de la sécrétion d'estrogènes après la ménopause qui est le facteur le plus important. 

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En effet, l'os normal est un tissu formé par une trame de collagène sur laquelle se fixe une substance minérale constituée de sels de calcium (phosphate de calcium et carbonate de calcium). C'est cette substance minérale qui donne aux os leur solidité, elle représente d'ailleurs 70 % du poids de l'os. La minéralisation est assurée par un type particulier de cellules, les ostéoblastes. Comme la plupart des tissus qui constituent notre corps, l'os est en perpetuel remaniement. D'autres cellules, les ostéoclastes, assurent la résorption de l'os ancien, formant une logette aussitôt colonisée par les ostéoblastes qui viennent former une trame osseuse toute neuve... Le pic de masse osseuse (quantité d'os acquise) est atteint à la fin de la croissance, à l'adolescence. Tout au long de la vie, cette quantité d'os acquise va progressivement diminuer au fil du temps, la balance entre résorption d'os ancien et formation d'os neuf se faisant au détriment de ce dernier . Ce remodelage permanent est sous l'influence de plusieurs facteurs : les caractéristiques génétiques, les apports en calcium et en phosphore, la vitamine D qui joue un rôle fondamental dans la minéralisation et différentes hormones, dont les fameux estrogènes. 

La relation entre le manque en estrogènes et l'ostéoporose est connue depuis les années 40. Le manque en estrogènes diminue la fonction ostéoblastiques (formation d'os nouveau) et stimule la résorbtion osseuse par les ostéoclastes. A partir la ménopause, le phénomène naturel de perte osseuse va donc s'accélerer considérablement. Les fractures vont survenir à cause de la diminution de la masse osseuse, d'anomalies d'architectures du squelette et des traumatismes. A la perte osseuse liée à la ménopause et à l'âge, qui fragilise l'os, vont s'associer les facteurs qui influencent la fréquence des chutes comme les pertes d'équilibre ou les troubles de la vue, par exemple.

La connaissance de ces différents facteurs permet donc de comprendre pourquoi l'os devient de plus en plus fragile avec l'âge, pourquoi l'ostéoporose est plus importante - à âge égal- chez la femme que chez l'homme.  Elle permet aussi de réaliser qu'il est possible de la prévenir en jouant sur ces différents facteurs modulateurs.

LA PREVENTION COMMENCE DES L'ENFANCE !

Le premier facteur de prévention est l'acquisition d'une masse osseuse suffisament importante avant l'adolescence, surtout chez les jeunes filles, puisque dès lors, cette masse osseuse ne va pas cesser de décroître. Deux  facteurs vont être particulièrement importants pour l'acquisition de cette masse osseuse : des apports vitamino-calciques suffisants (consommation de produits laitiers pour les apports en calcium, exposition au soleil pour la synthèse de la vitamine D) et une activité physique régulière. Les tensions musculaires et tendineuses ainsi que les secousses infligées au squelette lors des activités physiques stimulent en effet la formation du tissu osseux. Pour éviter une dégradation trop rapide de l'os au cours de la vie, les apports en calcium (consommation suffisante de laitages ou de fromages...) et l'activité physique régulière devront être maintenus tout au long de la vie. A partir de la ménopause, le traitement hormonal de substitution (THS) devient le garant principal de la prévention. Pour réduire le risque de fracture il doit être pris pendant une durée de 5 à 7 ans au minimum. Après les émois suscités par certaines études américaines publiées en 2003, le bénéfice du THS à la française (estrogènes par voie cutanée -patches ou gel- et progestérone naturelle) n'est plus actuellement remis en question, sauf en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein, et sous couvert d'un dépistage régulier (mammographie tous les deux ans).

Chez la femme âgée, la prévention des fractures passe aussi, il ne faut pas l'oublier,  par la réduction du risque de chutes : surveillance de la vision, traitement des troubles de l'équilibre, maintien d'une bonne sécurité motrice, en adoptant au besoin l'usage d'une canne ou en ayant recours à la kinésithérapie.

DEPISTER POUR TRAITER

Prévenir le risque de fracture, c'est aussi dépister les femmes à risque, celles qui ont un risque augmenté de souffrir d'ostéoporose et chez lesquelles on pourra proposer en priorité le seul examen capable de quantifier l'importance de la déminéralisation osseuse : l'ostéodensitométrie. 

Ces femmes à risque sont celles qui ont déjà souffert d'une fracture après l'âge de 40 ans, celles dont un parent du premier degré s'est déjà cassé le col du fémur, le poignet ou une vertèbre, les femmes minces (moins de 57 kg), les fumeuses. La consommation excessive d'alcool accroît le risque de fracture de même que la dénutrition. On sait aussi que l'ostéoporose atteint plus volontiers les femmes de race blanche que les noires ou les asiatiques... Un bon dépistage passe aussi par la mesure régulière de la taille des femmes après la ménopause. Les fractures-tassement vertébrales ne se traduisent pas forcément par la survenue de symptômes. Le simple fait de rater une marche ou un trottoir peut entraîner facilement un tassement quand les os sont devenus plus friables. On s'accorde à dire qu'une diminution d'au moins 3 cm de la taille (par rapport à la taille à l'âge de 20 ans) doit impérativement faire rechercher et traiter une ostéoporose. 

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En dehors de la privation en estrogènes après la ménopause, d'autres facteurs peuvent aussi accélérer la perte osseuse. C'est le cas de certaines pathologies hormonales ou des traitements prolongés par la cortisone ou ses dérivés (plus de 3 mois d'affilée). Chez toutes ces patientes (ou patients - l'ostéoporose peut aussi atteindre les hommes dans ces circonstances !), le médecin traitant saura dépister l'ostéoporose et la traiter le cas échéant.
 
MESURER LA PERTE OSSEUSE

L'ostéodensitométrie doit être proposée systématiquement chez toutes les femmes après la ménopause qui présentent des facteurs de risque (c'est d'ailleurs dans ces conditions qu'il est remboursé par la Sécurité-Sociale). Il s'agit d'un examen non traumatisant et indolore. Il mesure la densité osseuse en deux localisations de référence : une vertèbre lombaire et le col du fémur. Il exprime les resultats en T-score, c'est-à-dire en comparant la densité minérale osseuse du patient à celle d'une population normale, jeune, de même sexe et de même race. Le T-score, qui est la base de la définition de l'ostéoporose selon l'OMS, est donné en écart statistique par rapport à la moyenne de cette population de référence. Si le T-score est supérieur à -1, la densité minérale osseuse est normale . S'il est inférieur à -1, on dit qu'il existe une ostéopénie (littéralement, il manque de l'os), s'il est inférieur à -2,5 l'ostéoporose est avérée.

Ce résultat brut doit toujours être interprété par le médecin traitant en termes de risque personnel de fracture pour la patiente pour décider de la mise en route ou non d'un traitement. Cette mesure objective doit donc être modulée par la présence des autres facteurs de fracture (troubles de la vue ou de l'équilibre par exemple). Ainsi, près de la moitié des fractures de fragilité se produisent chez des patientes ostéopéniques (T-score compris entre -1 et -2.5) !

CONSOLIDER OU RECONSTRUIRE L'OS

Finalement, après évaluation de la situation propre à chaque patiente, il appartient au médecin de proposer ou non un traitement quand l'ostéoporose est apparue. Outre la supplémentation en calcium et vitamine D et le traitement hormonal substitutif qui préviennent la déperdition osseuse, plusieurs traitements permettent de ralentir la perte osseuse et d'augmenter la densité minérale osseuse.

Le raloxifene agit sur les récepteurs aux estrogènes, se substituant à ces hormones s'il existe une contre-indication au traitement hormonal substitutif classique. 

Les bisphosphonates inhibent la résorption osseuse. Ils se montrent capables d'augmenter la masse osseuse et de diminuer le risque de survenue d'une fracture. Ils peuvent être pris de manière hébdomadaire ou mensuelle. Ils sont très utilisés, mais leur usage peut être limité par leur tolérance digestive, parfois mauvaise chez certaines patientes.

Le ranélate de strontium a prouvé qu'il était capable d’augmenter l’activité des ostéoblastes et de diminuer l’activité des ostéoclastes. Il formerait donc de l'os nouveau, là où il en manque. Sa tolérance semble excellente en général.

Le tériparatide, à la différence des traitements précédents sous forme orale, s'administre par injection sous-cutanée quotidienne à l'aide d'un stylo-injecteur spécial. Il s'agit d'un analogue de l'hormone parathyroïdienne humaine qui stimule la fabrication d'os nouveau. En raison de son mode d'administration et de son coût (environ 400 euros par mois), ce traitement est réservé aux cas graves, c'est-à-dire aux patients ayant déjà plus de deux fractures vertébrales. La durée maximale du traitement est limitée à 18 mois. 

Le choix entre ces différents traitements se fait donc en fonction de l'âge de la patiente et de la sévérité de son ostéoporose, sans préférence pour l'un ou l'autre médicament puisqu'il n'existe pas encore d'études comparant directement leur efficacité à diminuer la survenue des fractures dans une même population de patientes.

Combien de temps faut-il traiter ? Les études scientifiques donnent avant tout des informations rassurantes sur la tolérance osseuse à long terme du raloxifène ou des bisphosphonates. Il n'a pas été non plus montré que le risque de fracture augmentait à nouveau après l'arrêt du traitement. Compte-tenu des informations actuellement disponibles, on recommande une première séquence de traitement pendant 4 ou 5 ans à l'issue de laquelle le risque fracturaire de la patiente est révalué. Si le risque demeure, il est possible de poursuivre le traitement (éventuellement en changeant de molécule). Pour les patientes dont le risque de fracture est devenu faible, il est possible de le suspendre pendant quelques années avant une nouvelle réévaluation et la reprise éventuelle d'une nouvelle séquence thérapeutique. 

En conclusion, il n'existe pas d'ostéoporose bénigne. Cette maladie reste encore en France sous-diagnostiquée et mal traitée. Elle fait encore des ravages chez les femmes âgées, malgré les possibilités diagnostiques et l'existence de traitements effiaces. Mais, rappelons-le une dernière fois : la meilleure des prises en charge demeure la prévention !
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Par Dr Max Fleury - Publié dans : Prévention
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 15:56
 Les résultats d'une enquête finlandaise sur six ans auprès d'une population de 9.098 jumeaux viennent d'être publiés : chez les hommes, les tabagiques et les sevrés après tabagisme ont un risque de dépression respectivement augmenté de 42 % et de 68 %. Chez les femmes, seules les sevrées ont un risque augmenté, de 38 %. Les hommes semblent donc plus exposés au risque de dépression par la persistance de leur tabagisme. Le tabagisme reste un prédicteur de dépression même après que l'on tienne compte des facteurs familiaux et génétiques de celle-ci .

Publié par Korhonen & Coll., Psychological Medicine, mai 2007 ; 37 : 705-715.

Par Dr Max Fleury - Publié dans : Actualité
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Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /Mai /2007 10:59

Aujourd'hui,  31 mai 2007,  a été déclaré "Journée mondiale sans tabac" par l'Organisation Mondiale de la Santé, avec comme thème cette année la sensibilisation contre le tabagisme passif. Vous pouvez consulter les articles de cette campagne sur le site de l'OMS : www.who.int/tobacco/wntd/fr
Le tabac est la seule drogue addictive et mortelle dont la vente est libre et réglementée en France par l'Etat. Faut-il redire que si l'on découvrait le tabac aujourd'hui, il n'aurait aucune chance d'être commercialisé, tant il est nocif pour la santé ? Cette commercialisation a pu se faire grâce aux mensonges de l'industrie du tabac qui, dès le début des années 50, connaissait très bien les risques pour la santé humaine du produit qu'elle proposait au public, à grand renfort de messages publicitaires. La mentalité des industriels du tabac n'a guère changé depuis. Ils poursuivent une logique économique rationnelle : pour satisfaire leurs actionnaires, il faut vendre toujours plus, le public doit donc consommer davantage, c'est-à-dire fumer plus. Il faut donc conquérir de nouveaux marchés (adolescents et pré-adolescents, populations des pays en voie de développement, moins sensibles aux campagnes de prévention), et minimiser la portée des mesures préventives et des études prouvant la nocivité absolue du tabac.Nous proposons ici de reproduire l'un des articles publié par l'OMS dans le cadre de sa campagne anti-tabac 2007.



Même si les lois antitabac efficaces rencontrent l’adhésion du public, les responsables politiques
et le public doivent se préparer à répondre aux nombreux arguments très souvent utilisés visant à arrêter leur adoption et application. La principale opposition vient de l’industrie du tabac, qui utilise souvent un groupe de façade, tels que les associations d’hôtels et de restaurants, pour promouvoir ses arguments, tandis que l’industrie elle-même fait tout son possible pour rester en dehors du débat public.
La plupart des tactiques et des arguments de l’opposition sont prévisibles et doivent être contrés.

L’industrie du tabac et ses alliés mettent en doute la science à propos des effets de l’exposition à la fumée secondaire sur la santé et propose des zones fumeurs et une ventilation spécifiques comme des solutions de remplacement acceptables. Ils affirment également que les lois antitabac constituent une violation des soi-disants "droits des fumeurs" ou qu’elles ne sont simplement pas nécessaires, pas viables, impossibles à appliquer et qu’elles ont un effet négatif sur le commerce (en particulier les restaurants, bars et casinos). Ces affirmations sont sans fondement et ne doivent pas être prises en compte pour les prises de décision.

Vous trouverez ci-dessous les arguments (reposant sur des faits scientifiques) pour contrer les mythes les plus utilisés et les plus répandus que l’industrie du tabac diffuse à propos des interdictions de fumer.

 MYTHE 1 : La fumée environnementale est une simple nuisance, la tolérance est de mise.

 FAUX ! Ce n’est pas une nuisance, c’est un danger pour la santé. Pour étayer leurs affirmations, l’industrie et ses partisans font référence à des études dépassées, dont certaines financées par l’industrie du tabac elle-même ou des organisations affiliées, concluant qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments pour affirmer que la fumée du tabac est dangereuse.

 COMMENT REPONDRE : Elle provoque au moins 200 000 décès par an rien que sur le lieu de travail (14 % des décès dus à des maladies professionnelles) et 2,8 % des cancers du poumon.V Nombre de ces personnes travaillent dans les secteurs de la restauration, des loisirs et des services mais le problème peut exister dans n’importe quelle profession.

 MYTHE 2 : Les accords facultatifs permettent un "choix respectueux" qui satisfait les fumeurs et les non-fumeurs.

 FAUX ! Les accords facultatifs prônant la tolérance de la part des non-fumeurs ne sont pas efficaces pour protéger le public des effets nocifs de l’exposition à la fumée secondaire. Pourtant, le "choix respectueux", présentant une cohabitation harmonieuse des fumeurs et des non-fumeurs, a été l’une des campagnes de marketing les plus puissantes organisées par l’industrie du tabac. Celle-ci soutient que cette approche favorise la tolérance et la cohabitation des fumeurs et des non-fumeurs dans les mêmes espaces clos.

 COMMENT REPONDRE : Les preuves et l’expérience nous montrent autre chose. Les accords facultatifs prônant la tolérance de la part des non-fumeurs ne sont pas efficaces pour protéger le public des effets nocifs de l’exposition à la fumée secondaire. Ils sont même un obstacle à la mise en place de mesures de protection réellement efficaces. Des exemples en Finlande, Irlande, Nouvelle-Zélande, Uruguay, Californie et d’autres montrent que les responsables politiques ont déterminé que les mesures facultatives ne protègent pas suffisamment la santé du public, alors que les législations pour des espaces 100% non fumeurs y parviennent.

 MYTHE 3 : Les systèmes de ventilation protègent les non-fumeurs de la fumée secondaire.

 FAUX ! L’industrie du tabac a fait la promotion de l’installation et de l’utilisation de systèmes et de matériels onéreux de ventilation, pour essayer d’accueillir les fumeurs et les non-fumeurs dans les mêmes espaces clos. C’est une tactique pour éviter l’instauration d’interdictions strictes. Pourtant, en plus d’être très chère, la ventilation ne marche pas : seule l’absence totale de fumée protège le public de l’exposition à la fumée du tabac.

 COMMENT REPONDRE : On retrouve dans la fumée du tabac des particules et des gaz. Les systèmes de ventilation ne peuvent pas extraire toutes les matières particulaires et encore moins les gaz. Par ailleurs, de nombreuses particules sont inhalées ou se déposent sur les vêtements, les meubles, les murs, les plafonds, etc., avant d’avoir été évacuées par la ventilation. Même si l’augmentation de la vitesse de ventilation permet de faire diminuer la concentration en polluants à l’intérieur des locaux, il faudrait la multiplier par 100 par rapport aux normes actuelles pour simplement maîtriser les odeurs. Il faudrait même des vitesses de ventilation encore plus élevées pour éliminer les toxines, seule option valable pour la santé. Pour pouvoir éliminer les toxines de la fumée du tabac, les échanges d’air devraient être si importants que les systèmes deviendraient difficiles à mettre en œuvre, provoqueraient l’inconfort et seraient inabordables.

 MYTHE 4: Les espaces 100% non fumeurs ne sont pas viables.

 FAUX ! Ils sont réclamés à la fois par les fumeurs et les non-fumeurs et, en étant correctement appliqués, ils réussissent à protéger les gens de l’exposition à la fumée secondaire. Ils sont également un soutien pour les fumeurs qui souhaitent arrêter de fumer ou qui ont déjà arrêté.

 COMMENT REPONDRE : L’expérience dans les pays, comme en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en NorvègeI ou en Ecosse, ou dans les villes, comme à El Paso ou à New York, montrent que cette mesure marche bien, que le public lui est favorable et que son respect avoisine les 100 % lorsque les bonnes dispositions sont prises pour la faire appliquer.

 MYTHE 5 : L’interdiction de fumer fait perdre des clients aux restaurants et aux bars.

 FAUX ! Même si aucune étude indépendante rigoureuse n’a pu encore prouver que les interdictions de fumer avaient des conséquences négatives sur l’économie, l’industrie du tabac essaie de convaincre les propriétaires de commerces et les responsables politiques du contraire, en appuyant leurs thèses sur des études biaisées qui manquent de rigueur dans l’analyse.

 COMMENT REPONDRE : Des études indépendantes au Canada, en Irlande, en Italie, en Norvège et dans les villes d’El Paso et de New York montrent qu’en moyenne, le chiffre d’affaires se maintient ou même augmente après avoir instauré des espaces 100% non fumeurs.

 MYTHE 6 : Les interdictions de fumer constituent une violation des droits des fumeurs et de leur liberté de choix.

 FAUX ! Les interdictions de fumer n’ont rien à voir avec une quelconque violation des droits. Il s’agit tout simplement de protéger la santé.

 COMMENT REPONDRE : Il faut se rappeler que la majorité des gens ne fument pas et que la plupart de ceux qui fument souhaitent arrêter. De nombreux fumeurs ne fument pas par choix mais y sont contraints du fait de leur accoutumance à la nicotine, présente dans tous les produits du tabac. Le droit de respirer un air pur, sans fumée de tabac, est prioritaire sur tout autre droit des fumeurs de fumer dans les espaces fermés, en mettant en danger la santé des autres. Il ne s’agit pas d’un accommodement ou de la liberté de consommer un produit légal. En revanche, il s’agit de définir les lieux où l’on peut fumer sans mettre en danger la santé d’autrui.

(SOURCE : Organisation Mondiale de la Santé - Pas de fumée à l'intérieur - Journée mondiale sans tabac 2007)

D'autres articles sur les dangers du tabac  sont à venir sur www.mon-medecin-a-dit.com

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Par Dr Max Fleury - Publié dans : Humeurs
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Jeudi 31 mai 2007 4 31 /05 /Mai /2007 08:45

Les résultats d'une étude réalisée chez 516 patients coronariens (âgés en moyenne de 68 ans), soumis à un questionnaire d'évaluation de l'anxiété et suivis pendant 3,4 ans, montrent que les patients ayant le niveau plus élevé d'anxiété ont un risque d'infarctus du myocarde et/ou de décès augmenté de 97% ! Ces résultats illustrent bien le rôle délétère du stress sur le système cardiovasculaire, mis en évidence par d'autres études et considéré désormais comme un facteur de risque à part entière, au même titre que le tabagisme ou l'hypertension artérielle. Une bonne raison d'apprendre à gérer son anxiété et son stress au quotidien, notamment grâce à des méthodes de relaxation, dont les efftets bénéfiques sur le système cardiovasculaire ont pu être confirmés par des études scientifiques très pointues.    Paru dans le Journal of the American College Cardiology, mai 2007.

Par Dr Max Fleury - Publié dans : Actualité
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Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /Mai /2007 21:57

Le 2ème congrès francophone d'allergologie vient de se dérouler à Paris en Avril dernier. Une date particulièrement bien choisie, au moment où les allergies printannières sont en pleine recrudescence. 

Nez qui coule comme une fontaine, yeux rouges et qui démangent, gorge irritée, voire même parfois gêne respiratoire, il apparaît que ces manifestations typiques des allergies saisonières sont non seulement de plus en plus fréquentes, mais aussi de plus en plus sévères. Une enquête française menée chez plus de 6000 patients atteints de rhinite allergique intermittente ou saisonnière montre que 90 % d'entre eux se déclarent "gênés" dans leur vie de tous les jours par les symptômes. Une autre étude portant sur la qualité de vie, parue en 2005 dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, a révélé que la rhinite allergique perturbe les activités sociales, sportives ou de loisirs dans plus de 70% des cas, les activités professionnelles ou scolaires dans plus de 53% des cas et même le sommeil chez plus de 37% des patients interrogés. 

ET L'ON REPARLE DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE !

Comme chacun le sait (ou du moins tous ceux qui en souffrent), les allergies printannières sont dues aux pollens des plantes qui servent à leur reproduction et qui sont émis en grande quantité dans l'air au moment du printemps.  Or l'on vient d'observer une relation directe entre l'augmentation de production de pollen par certaines plantes comme l'ambroisie et l'élévation des taux de CO2 dans l'atmosphère. Par ailleurs, le réchauffement climatique allonge la saison pollinique de certaines espèces et entraîne une migration vers les régions du nord de la France d'espèces jusque là cantonnées aux régions plus australes, et particulièrement allergisantes, comme les cyprès ou l'arganier.

L'IMPACT DE LA POLLUTION

D'autres études montrent  que les grains de pollen sont de plus en plus contaminés par les polluants atmosphériques qui se fixent à leur surface et viennent modifier leur structure et augmenter leur potentiel allergénique. Certains scientifiques n'hésitent plus à parler de "polluènes" pour qualifier ces pollens pollués. Il a ainsi été démontré que l'ozone et le dioxyde d'azote issus de la circulation automobile endommagent la paroi des grains de pollen et provoquent des fissurations qui ont pour conséquence une dissémination plus importante du contenu pollinique.

Pour résumer, l'augmentation de la production de gaz à effet de serre et l'élévation globale de la température augmentent les quantités de pollen émises, augmentent le potentiel allergénique des pollens, modifient la durée de la saison pollinique, la répartition de la distribution géographique des pollens et les propriétés des végétaux. Vive le réchauffement !

UN TRAITEMENT QUI CHANGE LA VIE

Le traitement des rhinites allergiques doit s'adapter à l'intensité des symptômes et à leur impact sur la qualité de vie du patient. En cas de forme légère, avec peu ou pas d'impact dans la vie quotidienne des patients, un anti-histaminique oral de nouvelle génération (ils n'endorment plus), pris une fois par jour peut suffire. Si les symptômes sont plus invalidants on peut y rajouter des corticoïdes par voie nasale, en sachant les arrêter si surviennent des saignements de nez (effet secondaire assez fréquent). Quand le nez est totalement bouché malgré un traitement classique bien conduit, la prescription sur une durée courte (pas plus d'une semaine) d'un vasoconstricteur local en pulvérisation permet de bien soulager le patient. Si ce sont les écoulements du nez qui sont très importants, il est possible de proposer un atropinique pris par voie orale du genre de ceux que l'on prescrit en cas de rhume hivernal, toujours sur une période courte (ils peuvent entraîner aussi une sécheresse de la bouche et de la constipation). Enfin, quand les symptômes sont vraiment très sévères, avec une gêne respiratoire évidente, on peut être amené à prescrire pour un temps des dérivés cortisoniques par voie orale qui ont un effet anti-inflammatoire très puissant. 

LA DESENSIBILISATION FAIT SA REVOLUTION

Au-delà de ces traitements symptomatiques se pose bien sûr la question de la désensibilisation. C'est le seul traitement que l'Organisation Mondiale de la Santé reconnaît capable de modifier l'évolution de la maladie. La désensibilisation utilise des allergènes, c'est-à-dire des fragments de protéines, ceux-là même qui provoquent des réactions allergiques chez un patient donné. On utilise des solutions contenant ces allergènes, que l'on va injecter au patient à rythme régulier sur plusieurs mois, voire plusieurs années, à doses et concentrations croissantes, pour "apprivoiser" en quelque sorte son système immunitaire et lui éviter des réactions inappropriées quand il est confronté à ces substances.

Jusque-là, on utilisait des solutions d'allergènes extraits de produits naturels. Ces traitements sont en pleine révolution actuellement. Grâce aux progrès de la biologie moléculaire et au génie génétique, on peut en effet aujourd'hui fabriquer des copies conformes d'allergènes, permettant de les produire en grande quantité et de manière rationnelle. De nouvelles méthodes d'administration font aussi leur apparition, ce qui devrait à terme permettre d'éviter les pénibles séances itératives d'injections sous-cutanées. La voie sub-linguale semble la plus prometteuse actuellement. Les premières études réalisées avec des comprimés à faire fondre dans la bouche viennent d'être publiées. L'un de ces essais cliniques a montré l'efficacité de comprimés sub-linguaux dans la rhinoconjonctivite allergiques au pollen de graminées, permettant de réduire de manière significative le recours au traitement symptomatique. Ces nouvelles méthodes vont à coup sûr simplifier la vie des patients allergiques et surtout ouvrir l'accès à la désensibilisation pour tous ceux qui reculaient devant la nécessité des injections répétées.

DES PREVISIONS POUR LES ALLERGIQUES

Le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.) a été créée en 1996, avec pour objet principal l´étude du contenu de l´air en en pollens et en moisissures pouvant avoir une incidence sur le risque allergique pour la population. Il offre une mise à jour permanente de ces données accessibles à tous sur le site internet du RNSA (www.pollens.fr). Grâce au Réseau, les allergiques peuvent même recevoir des alertes e-mails concernant les substances auxquelles ils sont sensibles ! 

Allergiques, vous ne pourrez plus dire que vous n'étiez pas prévenus...

Par Dr Max Fleury
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Jeudi 24 mai 2007 4 24 /05 /Mai /2007 21:25
Wii.jpg Tout le monde connaît le fameux tennis-elbow, la tendinite des joueurs de tennis, une inflammation des tendons musculaires qui s'insèrent sur les reliefs osseux du coude. Hé bien voici venue une variante de cette pathologie ultra-courante, le Wii-elbow qui affecte cette fois les adeptes de la dernière console de jeux à la mode, la Wii de Nintendo. Cette pathologie est liée à l'utilisation de la manette de jeux sans fil qui reconnaît les mouvements du joueur et permet de les reproduire à l'écran. On peut désormais ainsi jouer au golf ou base-ball dans son salon dans des conditions assez réalistes. Tellement réalistes même, que les mouvements réalisés devant l'écran avec la manette entraînent douleurs et tendinites, comme pour les "vrais sports". C'est ainsi que l'Association britannique des chiropracteurs (BCA) recommande de considérer une séance de Wii comme n'importe quel forme d'exercice physique et de s'échauffer de manière adéquate pour prévenir l'apparition de ces tendinites. La BCA a même élaboré un programme d'échauffement en 5 points, spécifique à la Wii : épaules, poignets, bras, cou et dos, conseillant d'observer des pauses toutes les 20 à 30 minutes. Qui pourra dire désormais que jouer à la console de jeux n'est pas sportif et favorise l'obésité ?
Par Dr Max Fleury - Publié dans : Actualité
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 22:30
Face au danger potentiel des troubles paniques et à la vulnérabilité des patients, l'information concernant ces troubles est d'une importance capitale. Il est d'abord essentiel de rassurer le malade et son entourage. Comprendre ce qui se passe, comment surviennent les manifestations physiques de l'anxiété, lui permet de faire un pas dans la prise en charge de l'anxiété, de l'intolérance à l'incertitude et l'inquiétude chronique qui la caractérisent. Quand un trouble panique a été identifié, outre l'information et l'éducation, la prise en charge du patient doit associer un traitement médicamenteux et des mesures relevant de la psychothérapie.
Les médicaments antidépresseurs et anxiolytiques sont prescrits d'emblée pour limiter l'ampleur des phénomènes anxieux et réduire la fréquence des attaques. Pour efficace qu'il soit, il faut bien comprendre que ce traitement seul ne suffit pas à régler durablement le problème. Il offre un soulagement et constitue une base sur laquelle il est possible de reconstruire la pensée du patient. C'est ici qu'entrent en jeu les thérapies dites comportementales et cognitives.
Il s'agit d'amener la personne petit à petit à prendre conscience de ses troubles et surtout de ce qui les génère. On va ensuite réapprendre peu à peu au malade à affronter les situations qu'il redoute. Il va ainsi être amené à comprendre qu'il ne risque rien, qu'il ne va pas mourir ni devenir fou. Le thérapeute l'aide à "démonter" le scénario-catastrophe qui s'impose à son imagination et à contrôler positivement l'enchaînement des pensées qui aboutissent à une angoisse irraisonnée. Pour cela, le thérapeute utilise des mises en scènes et des exercices pratiques de mise en situation, d'intensité graduelle. Il apprend aussi à la victime à noter ce qu'elle ressent, ce qui lui passe par la tête quand elle est plongée dans ces situations anxiogènes. Ce genre de thérapie peut prendre de quelques mois à quelques années, en fonction du profil du malade et de la gravité de ses troubles. Bien conduite par un professionnel expérimenté, elle permet de faire disparaître 70 à 90 % des troubles paniques.
 
Par Dr Max Fleury - Publié dans : PSY
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 21:05

Une étude vient de le confirmer, les enfants obèses souffrent de troubles respiratoires pendant leur sommeil, tout comme les adultes. L'étude a été réalisée chez 91 enfants en surpoids et obèses, âgés de 11,2 ans en moyenne. Parmi les jeunes obèses, 53% aveient un sommeil normal, 13 % présentaient un ronflement important (non lié à un problème ORL), 11 % souffraient d'apnées obstructives du sommeil bénignes, 8 % d'apnées modérées à sévère, et 17 % souffraient d'apnées du sommeil centrales. La forme centrale de l’apnée du sommeil est due à un défaut de la commande de la respiration  centralisée dans le centre respiratoire du cerveau. Les apnées du sommeil ne sont pas des troubles anodins, car elles retentissent sur la qualité du sommeil et peuvent provoquer une diminution de la vigilance et de la concentration, voire une sommnolence irrépressible pendant la journée, affectant les performances scolaires chez ces enfants. Dans les cas les plus graves, le manque chronique d’oxygène peut provoquer des problèmes cardiaques. L'étude conclut que les hauts niveaux d'obésité abdominale et de masse graisseuse sont associés à l'apnée centrale du sommeil. Une raison de plus pour surveiller le poids des enfants et, pourquoi pas, les écouter pendant qu'ils dorment, afin de vérifier s'ils ronflent ou font des pauses respiratoires. Au moindre doute, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin traitant, qui orientera éventuellement  l'enfant vers un spécialiste du sommeil qui pourra procéder à un enregistrement nocturne, afin de quantifier ses apnées du sommeil et leur sévérité. Il faut noter que bien souvent, un amaigrissement, même modeste peut suffire à faire disparaître le problème. Une bonne raison (de plus) pour surveiller ce que mangent nos bambins et les mettre à la diète si besoin.

Verhulst & Coll., Archives of Disease in Childhood, mars 2007 ; 92 (3) : 205-208.

 

Par Dr Max Fleury - Publié dans : Actualité
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 21:12

Nicolas Sarkozy vient d'être élu Président de la République. Certains s'en réjouissent, d'autres se lamentent.. Quoi qu'il en soit, il a devant lui un défi et non des moindres : réformer le système de santé français ! Car le problème se pose en termes très simples : pourrez-vous trouver demain un médecin de famille compétent -c'est à dire dont les connaissances seront régulièrement remises à jour, disponible, capable de vous accorder un rendez-vous le jour même ou tout au plus le lendemain ? Rien n'est moins sûr...

Une chose est sûre en revanche, c'est que le nombre de médecins, généralistes en particulier, ne cesse de décroître. Aujourd'hui, le nombre de généralistes exerçant en France est de 54 000. En 2025, nous ne serons plus que 31 000. Or le vieilissement général de la population entraîne un nombre croissant de consultations. Si l'on consulte un généraliste en moyenne 3,5 fois par an à 50 ans, on le consulte  5,2 fois par an à 70 ans et plus de 7 fois par an après 75 ans.  Dans 20 ans, il y aura donc en moyenne 23 000 généralistes en exercice en moins et ceux qui resteront devront assurer 50 millions de consultations supplémentaires. Autant dire que la crise actuelle de l'accès aux soins ne va pas cesser demain... Déjà certaines régions rurales sont totalement dépourvues de généralistes. Dans les villes de moyenne importance comme Orléans, aucun des médecins généralistes ayant cessé son activité n'a été remplacé depuis quatre ans !

caduce.jpg Personne ne peut dire que cette situation ne pouvait pas être prévue. De là à dire qu'elle a été sciemment programmée il n'y a qu'un pas, facile à franchir. On sait qu'il faut en moyenne 10 ans pour former un médecin, on connaît par ailleurs l'âge et la durée de carrière de ceux qui exercent, l'équation du remplacement des générations est donc -en théorie- facile à réaliser pour le premier énarque venu. Or on a volontairement limité le nombre de médecins formés chaque année. Certains planificateurs hautement qualifiés sont certainement partis du principe que moins il y a de médecins, moins il y a d'actes médicaux et donc moins il y a à rembourser. Or c'est bien  le contraire qui est en train de se produire, sans que nos dirigeants consentent à renverser la vapeur ! On a tous parmi nos relations, des jeunes gens motivés qui n'ont pu passer le barrage de la première année de médecine -le fameux "concours" qui s'est transformé en une véritable pompe à fric pour les Instituts de préparation sans le secours (très onéreux) desquels il est illusoire d'espérer réussir-  après avoir été "sélectionnés" sur des matières qui n'ont rien à voir avec leur futur métier. Parallèlement, certaines communes démunies sont contraintes d'accueillir des médecins étrangers, Allemands, Hongrois, Polonais, Roumains, etc. afin de combler les places laissées vacantes par des médecins français  partis en retraite ou reconvertis à cause de leur épuisement. Sans remettre en question la valeur ou la compétence de ces confrères venus d'ailleurs, trouvez-vous que ce soit là une situation raisonnable et logique ?

Il est donc plus qu'urgent que nos dirigeants se penchent sur ce problème complexe et contribuent à rendre l'exercice de la médecine générale plus attractif pour les jeunes générations. Concrètement, cela veut dire quoi ? Un métier attractif qu'est ce que cela voudrait dire pour vous ? On peut imaginer un métier intéressant, valorisant, et rémunéré à la hauteur des efforts ou de l'investissement personnel qu'il exige. Un médecin généraliste travaille en moyenne 60 heures par semaine. La rémunération annuelle qu'il en retire est bien en dessous de ce que peut gagner n'importe quel cadre supérieur dont les études auront été largement moins longues et pénibles et la durée de travail hebdomadaire largement plus réduite (sans compter les primes, stock options, 13ème voire 14ème ou 15ème mois dans certaines banques...). Les médecins généralistes français sont parmi les moins bien rémunérés en Europe, et ceci n'est pas normal. Il n'est pas normal non plus que pour augmenter, ou plutôt conserver tout simplement son pouvoir d'achat, un médecin n'ait d'autre moyen que d'augmenter le nombre de ses consultations quotidiennes. Or ceci ne peut se faire qu'au détriment du temps consacré à chaque patient, c'est à dire de la disponibilité du médecin et de la qualité des soins dispensés à chacun. Ceci encore est absurde !

Alors d'où peut venir la solution pour redonner envie aux jeunes générations d'embrasser cette carrière par ailleurs formidable ? Des caisses de Sécurité Sociale qui fixent le montant de nos honoraires ? Elles sont vides ! Vides non pas à cause des médecins de ville qui prescrivent trop et mal. Ils ont fait la preuve depuis deux ans qu'ils étaient capables de se remettre en question et de réviser leurs pratiques pour prescrire moins et différemment. Vides plutôt, comme souvent en France, à cause du gaspillage, de la gabgie et des mauvaises gestions épinglées chaque année dans le rapport de la Cour des Comptes.  La solution peut elle venir d'une refonte complète du système avec un changement du mode de rémunération des médecins qui seraient payés non plus simplement à l'acte mais selon des forfaits ? Il semble que la profession soit bien trop attachée à l'exercice libéral et à la rémunération à l'acte pour accepter une telle révolution culturelle. Alors il est à craindre, chers patients, que la solution vienne une fois de plus de votre propre portefeuille... Sauf si Nicolas arrive à nous tirer de ce mauvais pas. Après tout, ensemble, tout n'est-il pas possible ?

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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /Mai /2007 23:42

Tous les ans, avec la chaleur, les infections urinaires basses (cystites) se font plus fréquentes, surtout chez les femmes. L'occasion de rappeler quelques règles simples qui permettent d'éviter ou de minimiser ce désagrément, parfois très pénible...

Une cystite est dûe à des germes provenant de la région génitale (anus ou vulve), remontant le long de l'urètre (le canal évacuateur de l'urine) et colonisant la vessie. Là, ils se multiplient et provoquent une inflammation de la muqueuse vésicale et de l'urètre qui se traduit par deux symptômes principaux : une sensation de brûlure lors de l'émission des urines, et des envies fréquentes d'uriner. Parfois s'y ajoutent des saignements urinaires, des douleurs abdominales basses ou même de la fièvre.

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La chaleur ambiante est responsable de deux facteurs principaux qui favorisent les cystites :

- La deshydratation par manque de consommation d'eau. Quand il fait chaud, les pertes corporelles en eau sont importantes : l'évaporation  d'eau, notamment au travers de la peau, permet à la température du corps de rester stable et de ne pas trop augmenter. Si les apports en eau (boissons) ne sont pas suffisants, la quantité d'urine produite par les reins diminue et l'envie d'uriner devient plus rare. Résultat : l'urine qui stagne trop longtemps dans la vessie entre deux mictions laisse tout le temps aux germes de se multiplier et de coloniser la paroi de la vessie.

- L'augmentation de la température et de l'humidité dans la zone génitale favorisée par le port de vêtements et de sous-vêtements serrés. Ces conditions "climatiques" sont idéales pour la multiplication des germes, prêts à se lancer à l'assaut de la vessie ! 

L'infection urinaire simple survient en l'absence de facteurs de risque et concerne la femme de 15 à 65 ans en dehors de la grossesse. Le diabète, les traitements par des médicaments qui diminuent les défenses naturelles (immunosupresseurs), les actes endoscopiques récents, les anomalies ou les maladies de l'arbre génito-urinaire sont autant de facteurs de complications, par exemple l'extension de l'infection vers les reins ou une infection généralisée.

Devant une cystite simple chez une femme âgée de 15 à 65 ans, un traitement antibiotique court est conseillé. Des traitements en prise unique sont disponibles et largement utilisés. Récemment, les spécialistes se sont accordés pour conseiller des traitements antibiotiques de trois jours. Ces traitements antibiotiques courts sont rendus possibles grâce aux caractéristiques particulières des médicaments employés et sont aussi efficaces que des traitements prolongés. Il faut noter qu'avec les traitements monodoses (prise unique), les patientes peuvent être surprises par l'absence de guérison immédiate, l'antibiotique étant éliminé de manière prolongée dans les urines. En cas de cystites récidivantes (plus de trois épisodes par an) ou en présence de facteurs de risque, il est important de demander une analyse d'urine avant et après le traitement pour mieux adapter l'antibiotique à la nature du germe et vérifier qu'il a bien été éradiqué à la fin du traitement. Si les cystites sont très fréquentes on peut tenter un traitement antibiotique en continu (quotidien) ou en prises bi ou tri-hebdomadaires à faible dose (moitié ou tiers des doses habituellement recommandées) et prolongé pendant plus de 6 mois, voire un an ou plus.

En dehors des antibiotiques, les boissons à base de canneberge (cranberry) ont apporté la preuve d'une certaine efficacité contre les infections urinaires, notamment en empêchant les bactéries de s'accrocher à la muqueuse de la vessie

A noter qu'une cystite n'est jamais aussi anodine chez un homme que chez une femme. Elle expose toujours à des risques d'infection de la prostate (prostatite) ou des testicules (orchi-épididymite). Elle impose toujours un traitement antibiotique long (4 semaines).

Alors si vous ne voulez pas être la prochaine victime d'une cystite, voici 8 conseils que vous devez absolument suivre :

1°/ BUVEZ BEAUCOUP, de 1,5 L à 2 L d'eau par jour, en dehors de ce que vous buvez à table. Plus on boit, plus on élimine : c'est l'effet "chasse d'eau" qui permet de refouler régulièrement les germes qui ont pu remonter le long de l'urètre, donc...

2°/ URINEZ REGULIEREMENT TOUT AU LONG DE LA JOURNEE, et surtout ne vous retenez pas, pour la raison que l'ont vient d'évoquer plus haut.

3°/ URINEZ APRES CHAQUE RAPPORT SEXUEL, car les relations sexuelles entraînent une congestion du périnée qui provoque l'ouverture de l'urètre et "brassent" mécaniquement les germes présents dans le vagin qui ont alors tout loisir d'envahir la vessie.

4°/ ESSUYEZ-VOUS D'AVANT EN ARRIERE après être allée à la selle et non l'inverse, afin de ne pas ramener vers la vulve les germes provenant du rectum et de l'anus.

5°/ ASSUREZ UNE BONNE HYGIENE DU PERINEE, en effectuant une seule toilette intime par jour avec un produit adapté. Contrairement aux idées reçues, l'excès d'hygiène intime favorise les infections, car cela modifie l'équilibre de la flore bactérienne du vagin et de la vulve et permet la prolifération de bactéries résistantes. Au delà d'une douche quotidienne, l'eau claire suffira donc pour les parties intimes.

6°/ PORTEZ DES VETEMENTS ADAPTES, en évitant ceux qui sont trop serrés et les matières synthétiques qui favorisent la macération et la multiplication des germes.

7°/ VEILLEZ A VOTRE ALIMENTATION, évitez surtout les épisodes de constipation en favorisant la consommation de fruits et de légumes qui sont bénéfiques pour le transit. La stagnation des matières fécales trop longtemps dans le rectum favorise la pullulation des bactéries intestinales, premières responsables des cystites.

8°/ NE CEDEZ PAS A L'AUTOMEDICAT ION, en essayant de vous traiter toute seule, notamment en utilisant des antibiotiques qui vous resteraient d'un traitement précédent. Même si les symptômes semblent évidents, mieux vaut demander l'avis de son médecin.

Par Dr Max Fleury - Publié dans : Problèmes urinaires
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